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Imaginez : vous recevez un communiqué de presse annonçant qu’une étude a prouvé que manger des fraises augmente l’espérance de vie de 10 ans. Avant de relayer cette information, comment s’assurer qu’elle est fiable ? Toutes les études ne sont pas rapportées avec rigueur, et certaines conclusions peuvent être exagérées, mal interprétées ou sorties de leur contexte.
L’équipe du Détecteur de rumeurs de l’Agence Science-Presse a recensé 8 questions essentielles à se poser avant de considérer une étude comme une source d’information crédible.
Les 8 questions à se poser face à une étude scientifique
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Les auteurs de l’étude sont-ils clairement cités ?
Une étude anonyme ou sans affiliation institutionnelle est suspecte. Par exemple, en 2020, une étude sur un prétendu traitement miracle contre la COVID-19 a fait le tour du monde… avant qu’on ne découvre que son auteur avait déjà publié plusieurs travaux discrédités. -
L’étude a-t-elle été révisée par des pairs ?
Une étude publiée dans une revue scientifique avec comité de lecture a été évaluée par d’autres experts du domaine. À l’inverse, une étude en prépublication (non révisée) peut contenir des erreurs, comme on l’a vu au début de la pandémie avec des recherches précipitées sur l’efficacité de certains médicaments. -
Quelle est la taille de l’échantillon ?
Une étude sur 10 personnes ne peut pas être aussi fiable qu’une étude sur 10 000. En 1998, une étude prétendant établir un lien entre vaccin et autisme reposait sur seulement 12 enfants… et a depuis été totalement discréditée. -
Les chiffres sont-ils mis en contexte ?
Un titre peut affirmer qu’un nouveau médicament « réduit le risque de maladie de 50 % », mais si le risque initial était de 2 % et qu’il passe à 1 %, l’effet est bien moins impressionnant qu’annoncé. -
L’étude a-t-elle été financée par une organisation ayant un intérêt dans les résultats ?
Une étude sur les bienfaits du soda financée par un fabricant de boissons sucrées mérite d’être analysée avec prudence. Il ne s’agit pas de discréditer systématiquement ces recherches, mais de vérifier si le financement a pu influencer les conclusions. -
L’étude a-t-elle été confirmée par d’autres recherches ?
Une découverte isolée ne fait pas la science. Les résultats doivent être reproductibles par d’autres équipes pour être considérés comme fiables. -
L’étude montre-t-elle une corrélation ou une causalité ?
Ce n’est pas parce que deux faits sont liés qu’ils ont une relation de cause à effet. Par exemple, une étude pourrait montrer que les personnes possédant plus de livres chez elles ont de meilleurs résultats scolaires. Est-ce les livres qui rendent intelligent, ou bien le fait que les familles investissent davantage dans l’éducation ? -
Les conclusions sont-elles exagérées ou simplifiées ?
Une étude peut conclure à « un effet possible » d’une molécule sur le cancer, mais si un article titre « Cette nouvelle pilule guérit le cancer », il y a un problème. Attention aux raccourcis trompeurs.
Une anecdote marquante : quand une fausse étude devient virale
En 2015, un chercheur a publié une fausse étude montrant que manger du chocolat aidait à perdre du poids. Son but ? Dénoncer la facilité avec laquelle des études mal conçues peuvent se retrouver dans les médias. L’étude était basée sur un échantillon minuscule et des statistiques manipulées. Pourtant, elle a été reprise par plusieurs médias internationaux sans vérification.
À retenir
Lorsqu’une étude est citée dans un article ou un communiqué, il est impératif de prendre du recul et de se poser ces 8 questions avant de la considérer comme une information fiable. Cultiver l’esprit critique permet d’éviter de relayer des conclusions erronées ou exagérées.
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